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Reprise. De temps en temps l’on trébuche. Un virus inattendu qui prend racine dans notre corps et nous réduit à une ombre. Pensée affaiblie, fatigue constante. Ça fait du bien d’en sortir, mais derrière, il faut récupérer. Retrouver la routine et le rythme. Se remettre en mouvement. Aller au sport. Aller au travail. Faire des offres pour qu’entre l’argent. Retrouver le silence pour accéder à la clarté intérieure : pourquoi je suis là, pourquoi je fais ce que je fais, comment je formule mes propositions, comment je prends plaisir aux choses simples de la beauté du monde. Un clair de lune au milieu de la ville endormie, le son de la pluie sur le bitume, le silence, la lumière d’un après-midi d’automne, une partie d’échecs improvisée.

Et le travail que cela demande de choisir de m’arracher à mon inertie. Aller grimper. Me remettre à écrire. Me remettre à vendre et à communiquer. J’ai l’impression que plus ça va, plus c’est difficile de démarrer. Ce n’est sans doute qu’une illusion, une déformation subjective de la réalité liée à ma frustration de cette semaine consacrée à ma récupération. J’ai de jolis projets devant moi. J’ai aussi des incertitudes, mais je m’efforce de ne pas vivre au jour le jour, ça m’aide à apaiser la part de moi qui demande de savoir à l’avance.

C’est une période de concessions et de survie, même si elle s’ouvre petit à petit, même si elle devient de plus en plus une période prolifique, tournée vers l’abondance et la prospérité. Artistiquement, c’est une période d’interrogation et de stagnation. Disons de contemplation. Je suis arrivé à un palier et je regarde dans quelle direction je vais me lancer pour la suite. Rien n’est très lisible, ça viendra après, la lisibilité. J’ai toujours trouvé plus confortable de laisser les autres me dire quoi faire, c’est pour ça qu’il y a autant de textes de commande dans ma biblio, et autant de réponses à des appels à projets.

Mais je n’ai plus peur de l’inconfort et je veux me jeter dans le vide, découvrir ce que j’ai dans le bide. Est-ce que j’ai vraiment quelque chose à raconter ou est-ce que je suis juste un entertainer ? Non qu’il y ait quelque chose de mal à ça, on a tous besoin de se vider la tête par moments et de se divertir.

C’est aussi une période pendant laquelle j’explore d’autres aspects du spectacle vivant. Je me pense en-dehors du seul cadre de l’écriture. Je ne dirais pas pour autant que c’est une période transitoire, tant elle s’inscrit dans une logique déjà en cours et dans une évolution organique de mon activité.

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