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Ma vie m’attend. Je dois juste franchir cette petite côte, là, et ça sera smooth. On me dit « décentrez-vous », mais ma solution c’est de me recentrer. Trop ouvert aux quatre vents, ma petite âme se sent écrasée par la vigilance constante. Faut être prêt à fermer les fenêtres, à éponger si la tempête se lève. Je refuse souvent de reconnaître le volume de mon besoin d’isolement. Au moins égal en quantité à mon besoin d’être cajolé. Je n’arrive pas à me suivre moi-même, alors comment demander aux autres de le faire ? Je vis sur ma réserve. Il paraît que c’est possible autrement. De se donner de la marge, d’anticiper sur ses besoins. Ça me demande tellement, constamment, d’imposer mon rythme, qu’au bout d’un moment, j’arrête et je m’écrase. Beaucoup de colère ces jours-ci. Beaucoup de frustration. Je n’arrive pas à lâcher. Oui oui, la solution c’est de desserrer le poing et de laisser s’écouler le sable qui m’écorche la paume. Je n’arrive pas à lâcher. Je ne sais plus faire. N’ai-je pas toujours eu le poing fermé de la sorte ? Ça paraît tellement inconfortable, la main ouverte. Je suis en chemin. Je dois juste à franchir cette petite côte, là, et ça sera smooth.

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