J’ai besoin de routines. Si je ne fais pas un point tous les dix jours à peu près, j’oublie ce que je fais, je me laisse distraire par le chant des oiseaux et par mes nouvelles idées. Je me lance sur des nouvelles pistes et c’est comme repartir de zéro. Alors je me crée des points d’ancrage. Des bilans et des projections que j’essaie de tenir, mais qui finissent par me filer entre les mains comme de l’eau cristalline. Je vrille. Je me rappelle que j’ai oublié de suivre mes routines et je les reprends : Où je vais ? Qu’est-ce que j’ai fait ? Comment j’ai avancé sans m’en rendre compte, parce que c’était un trop petit pas ? Qu’est-ce que je peux faire différemment ? Où je vais ? Je dois répéter les questions qui me servent de fil conducteur. Pourquoi c’est important ? Celle-là est dangereuse, j’ai tendance à la surintellectualiser au lieu de me laisser traverser par la lumière de ce qui me porte vers cet objectif. Et après : qu’est-ce que je fais maintenant ? Quelle est la plus petite chose que je puisse faire pour avancer ? Des fois je ne sais pas. Des fois je crois savoir et je me trompe. Des fois je fais un truc barbant ou vaguement réconfortant en pensant que ça ne me sert à rien, et je découvre des mois plus tard que c’est ce qui m’a fait tenir. D’autres fois je fais des choses qui me paraissent hyper importantes et elles ne le sont pas du tout. De temps en temps, il y a des caps visibles à passer. Une échéance à tenir, un dossier à remplir selon des contraintes imposées de l’extérieur. Dans ces cas-là, c’est confortable, mais c’est rare. La plupart du temps, c’est à moi que revient de fixer le cadre et là, ça peut vite devenir vertigineux. Dans l’ensemble je bricole et ça brinquebale un peu mais je continue à flotter sur ma petite embarcation qui prend l’eau. Bon, ben là, j’avais zappé quelques routines, alors je m’y remets. Ce billet en fait partie.