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J’apprends à détacher mon attente des résultats, à me concentrer sur l’effort et sur l’action, sur ce que je fais avec régularité et intention plutôt que ce que j’espère en récolter. Dans mes activités, il n’y a pas de corrélation entre l’effort et le résultat. C’est le hasard, la chance, les bonnes rencontres au bon moment qui font la réussite ou l’échec d’un projet. Du moins sa réussite ou son échec commerciaux. La réussite artistique, c’est-à-dire le fait d’arriver au bout du projet sans perdre ma vision. Finir un livre ou un spectacle et pouvoir le montrer en me disant que j’en ai fait ce que je voulais, que j’ai été présent dans l’expérience comme je le voulais, à l’écoute de ce qui cherche à s’exprimer dans le texte. Mieux qu’à l’écoute, au service de.

De plus en plus, j’arrive à comprendre comment les spécificités de mes métiers, qui sont des métiers d’écoute fine de l’intériorité (la mienne, celle des personnages, celle des personnes que j’accompagne, celle des histoires, de la langue, des corps) me mettent dans un rapport au monde singulier et rare. Forcément, ça me met souvent en porte-à-faux dans mes interactions avec des personnes qui ne sont pas dans ces domaines professionnels, pas intéressés ou pas occupés par ces recherches. Forcément, quand je suis au contact de mes pairs, c’est plus facile.

Je ne sais toujours pas quoi faire de cette différence, mais j’apprends à ne plus la voir comme un manque et davantage comme une spécificité.

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