La question du rythme circadien, quand on est en décalage par rapport au reste de la société, est centrale. Reconnaître que mon pic à moi arrive en fin d’après-midi et organiser mon temps, y compris mon temps de famille, en fonction, demande de rappeler sans cesse (à moi comme aux autres) la spécificité de mon questionnement. Comme c’est épuisant de toujours me répéter, souvent, je cède mes meilleures heures aux usages du monde.
Je le paye invariablement. Par un déficit de temps efficient qui se traduit par un déficit créatif qui me mine le moral et fait monter ma frustration. Par un défaut d’écoute de mes besoins. À trop les négliger, ils finissent par hausser le ton. C’est un travail de funambule que de tenir l’équilibre entre s’écouter et laisser de la place aux autres.