Publier tous les jours me structure. Pendant quelques temps, ces dernières années, je me sentais flottant et je ne trouvais plus le chemin de cette écriture. Il revient. Il revient parce que j’ai fait le travail sur moi, parce que j’ai commencé par la routine avant de chercher le sens, et parce que c’est l’automne.
Publier tous les jours me pousse à trouver quelque chose à dire, m’encourage à expérimenter les jours où je ne trouve rien, me force à entendre ma propre voix. Je ne publie pas pour être lu, ni pour engager une conversation, mais pour la rigueur du rendez-vous et de l’engagement. J’écris dans mon carnet, des choses que je ne publie pas. Publier invite la présence, même discrète, d’un regard tiers.
La langue n’y est pas la même, le langage et les idées se structurent différemment que dans le carnet. Quand je publie, je m’entends écrire, dans le carnet je suis pris par les idées et la forme n’existe pas à mes yeux, elle n’est que fonctionnelle.
Pourtant, je ne réécris pas les textes publiés, je ne corrige pas, c’est du pur premier jet. Mais ce premier jet-là n’est pas le même que les idées et les questions et les émotions jetées chaque matin dans mon cahier.
Je retrouve le pourquoi qui m’avait déserté. Publier tous les jours me structure et la structure m’apaise et l’apaisement ouvre les vannes de mon inspiration dans la création et dans l’existence. Je suis simplement mieux quand je publie tous les jours et pourquoi voudrais-je bouder cela ?
Ce n’est pas magique, ça n’enlève pas les baisses de moral, les doutes, les peurs, l’angoisse, mais ça contribue à les estomper.