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  • 44. 234

    Ok, alors je joue à un jeu de temps en temps, qui s’appelle Glyphica et qui est, essentiellement, un jeu de frappe. Tu tapes de mots, c’est gamifié. Tu apprends à taper plus vite et en faisant moins de fautes. L’autre fois, j’ai joué et à la fin d’un niveau, il m’a donné une moyenne de 108 mots par minute. Si on vise 265 mots par jour, en 3 minutes, c’est plié. 3 minutes par jour pour écrire un roman en un an. Et même pas, puisque le vrai calcul, c’est 265 mots tous les deux jours. Alors d’accord, il y a une différence entre taper des mots aléatoires dans un environnement de jeu et construire des phrase complètes avec un semblant de cohérence logique et sémantique, en ajoutant de la ponctuation et en réfléchissant à ses idées ; mais j’ai établi que l’objectif était de 265 mots de premier jet, ce qui est la version la plus proche d’une écriture automatique quo’n puisse avoir. Et quel est le vrai ratio de différence entre l’environnement ludique et l’environnement réel de frappe ? C’est ce que je veux établir, parce que j’ai parlé ici ou là de vingt minutes par jour, mais s’il s’avère qu’on peut atteindre 265 mots en 5 minutes sans trop se faire violence (c’est-à-dire en prenant quand même un peu le temps de penser et en corrigeant ses coquilles au fil de l’écriture, ce qui n’est pas la manière la plus efficace d’écrire — mieux vaut écrire en laissant les coquilles et corriger en batch à la fin de la session), alors ça change la donne. N’importe qui peut dégager 5 minutes par jour. (Top. 274 mots en 4’35.)

    Imaginons une journée particulièrement laborieuse où il nous faut quatre fois plus de temps pour écrire que d’habitude ? Il faudrait vingt minutes pour atteindre son quota seulement ces journées-là. Le reste du temps, on tournerait autour de 3 à 15 minutes, disons, pour avoir une fourchette généreuse. Avec un bon cadrage en amont (qui peut se faire pendant une autre activité comme conduire, marcher, faire la vaisselle, étendre sa lessive, tous ces moments que l’on s’empresse de remplir de bruit (podcast, insta, etc.) en se faisant croire qu’on apprend des choses), il ne devrait pas y avoir trop de journées difficiles. C’est quoi, un bon cadrage ? Décider d’où va une scène, avoir un personnage en tête, connaître son décor ou simplement avoir les bonnes questions à poser à son texte. Je lisais Devenir Sensible ce matin, et elle parle justement de ça, des questions comme invitation. Je mettrai la citation1 plus tard, pour ne pas casser le rythme de ma frappe. Je suis en train de tester l’hypothèse, mais il se pourrait bien que cet découverte mathématique accidentelle, ce symbole des 265 mots soit sur le point de révolutionner ma pratique.

    C’est vertigineux, parce que n’avoir à rédiger que 5 minutes par jour, ça laisse 23h55 de libre pour tout le reste : vivre, dormir, gagner de l’argent, se divertir, réécrire, marketer… Si mon quota de production est rempli en 5 minutes, je n’ai pas à souffrir de ne pas écrire assez. Alors oui, il y a une autre dimension, qui est celle de l’expérience que j’ai envie de vivre avec mon écriture, et ça c’est quelque chose (546 en 9’47) qui n’est pas lié à la productivité, c’est la qualité de l’expérience d’écriture, le plaisir d’être dedans, de plonger dans l’imaginaire du texte, dans les sensations de l’écriture elle-même, mais si je me libère de la crainte de ne pas écrire mon livre parce que j’ai déjà écrit les 265 mots qui me garantissent de l’écrire, alors je suis libre de me perdre complètement dans l’expérience, et de vivre à fond le plaisir de ma créativité, je peux explorer et me perdre et écrire des débuts de trucs, ou des fins de trucs, ou des milieux de trucs, m’amuser avec des personnages et des décors qui n’ont pas besoin de faire partie d’un projet. Totale liberté ! Total plaisir coupable de l’écriture inutile, celle qui n’a pas besoin de rendre des comptes, d’être rentable, de contribuer à une vision artistique. C’est un truc de dingue !

    Ça change tout le paradigme. Et ça élimine la question de l’endurance créative. Si je me donne un objectif long, comme 3 ou 4 heures de production par jour, ou même une simple heure de concentration, ça suppose que j’aie du carburant, des idées, des objectifs qui occupent ce temps-là. Et ça peut être challengeant. Mais si je ne dois tenir mon attention concentrée que pendant 5 minutes, CINQ minuscules minutes, alors il n’y a plus aucun obstacle pratique. Tous les obstacles qui restent sont ceux de la résistance psychique et émotionnelle, ou les indécisions face au projet, les trucs que je n’ai pas encore bien définis (800 en 14’38) par rapport à ce que je veux faire du projet, et ça, ça peut se résoudre en-dehors, dans les temps libres dont je parlais tout à l’heure.

    INCROYABLE !

    Quelques règles : pendant cinq minutes, écrire sans s’arrêter, sans réfléchir, idéalement sans corriger les coquilles. Il suffit de dérouler le fil d’une idée, d’un moment dans le texte. Il suffit de se laisser porter par une intuition ou mieux, une décision créative qui précède le moment d’écriture. Ces décisions se prennent en laissant mûrir le travail déjà fait, en s’interrogeant sur les options qu’il ouvre et sur les choix créatifs qu’il impose et en FAISANT ces choix, qui sont souvent arbitraires ou intuitifs. Ce qui complique l’efficacité rédactionnelle, c’est qu’on cherche à faire des choix qu’on n’a pas nommés en même temps que l’on écrit. Encore une fois, un choix, ça peut être une simple question que l’on se pose et que le texte explore. Comme : « il se passe quoi s’il ne me faut vraiment que 5 Minutes pou récrire 265 mots et vraiment que 265 mots tous les deux jours pour finir un premier jet de (petit) roman en un an ? » La réponse viendra dans le texte, qui est l’espace de la pensée. En écriture créative/de fiction, c’est la même chose : « il se passe quoi si John est en fait le père biologique d’Estelle ? » je n’ai pas besoin de décider si c’est le cas, juste d’explorer les conséquences dans le texte. John ou Estelle peuvent porter ce doute et réfléchir eux-mêmes aux implications que cela aurait. Il ne s’agit pas de tout décider à l’avance, mais de décider ce que l’on confie au texte. C’est une nuance importante. Essentielle, même.

    J’ai arrêté de compter, j’arrive à 20 minutes et 1092 mots, soit 32 de plus que 265 mots toutes les 5 minutes.

    Le texte est lourd, sans doute surchargé, répétitif par endroits, mais assez dépourvu de coquilles. Surtout, c’est un bon premier jet. Il a permis qu’émergent plusieurs idées fortes et plusieurs réalisations que je n’avais pas identifiées avant de commencer à rédiger. C’est un énorme changement de paradigme pour moi.

    1. « Qu’est-ce que cette accumulation de questions déclenche chez vous ? Avez-vous envie de répondre systématiquement ? Cela vous donne-t-il le tournis ? Voulez-vous en rajouter ? En choisir certaines plutôt que d’autres ? Ne pas tout lire ? Lire en diagonale ? Lire une phrase sur deux ? Comment maintenir votre intérêt ? […] Choisissez les questions qui retiennent votre attention et qui vous rendent curieux. Il s’agit d’effectuer des choix en fonction de ce qui attise votre intérêt, de ce qui vous préoccupe en ce moment. Il ne s’agit pas d’être exhaustif·ves. Ce sont juste des pistes lancées. »
      Julie-Kazuko Rahir ↩︎
  • 44. 233


    Faire l’amour à la nature. Marcher. Respirer. Sentir la ville s’arracher à mes poumons. Le vent chasser les mauvaises particules, la pluie laver le stress, et les cloches des vaches, les cloches des vaches comme la lumière d’un phare pour me repérer dans le brouillard. Quelques fleurs, quelques cailloux, quelques brins d’herbe, les chemins d’hiver tracés dans la terre. Au retour, de l’eau plein les cheveux, quelques quintes de toux régénératrices, et le dos un peu fatigué. Hum. Il faudra veiller à ça, ajouter de nouveaux étirements à ma routine du réveil. Les mots sortent paresseusement de leur léthargie. Mes idées encore encombrées du bruit de la rentrée et des responsabilités du travailleur indépendant (indépendance = liberté = responsabilité). Petit à petit, le silence, l’air pur, la hauteur prise littéralement et symboliquement sur le monde de tous les jours (passer du niveau de la mer au niveau de raréfaction de l’oxygène peut avoir cet effet là), apaiseront la cacophonie. Même si je me trimballe partout où je vais, j’ai bon espoir de me foutre un peu la paix cette semaine et de pouvoir apprécier de, juste, être là.

  • 44. 232

    Déconnecter. De soi. Du monde. De l’omniprésence des stimulations, des autres, des exigences du monde. Oublier les luttes en cours dans le monde. Ecouter la nature. Le vent, le tonnerre sur la montagne, le chant des criquets. La lenteur. Rien ne presse. Les humains peuvent bien s’agiter, le temps minéral se compte en millénaires. Elles en ont passer, des folies, ces silhouettes dessinées dans le contre-jour de l’horizon. Leurs visages ont changé, mais elles restent, posées, tranquilles, vivantes. Dans leur présence, on se rappelle de l’importance toute relative de nos préoccupations.

    Vivre ici ?

    Partout où je suis, je trimballe mon esprit cabossé, mes ambitions grippées, mes bizarreries et mon indifférence face à la course du monde.

  • 44.230

    Dimanche. Les cloches résonnent dans la ville, vestige d’une tradition désuète. L’appel de la montagne grimpe en intensité. Les souvenirs ne sont pas chargés de la même émotion que les événements qui les composent. Pas de musique. Comptes d’apothicaire : ça ira. Ça va tirer, mais ça ira. Lecture décevante ce matin. Autocentrée, et qui revendique son autocentrage. Et puis une espèce de fausse conclusion qui justifie le foirage narratif. Quelques idées jetées en vrac dans un shaker ne font pas une bonne histoire, n’en déplaise à ce monsieur. C’est comme si je prétendais que ce blog était autre chose qu’un fourre-tout de mes humeurs. Mais bon, on ne peut pas toutes les réussir, et on produit ce qu’on peut quand on est en crise existentielle.

    Allez, c’est dimanche et mes courbatures me réjouissent. Utiliser son corps, il n’y a rien de mieux dans cette civilisation virtuelle. J’ai hâte d’achever de me sortir de l’inertie qui m’englue encore. J’ai hâte de jaillir de l’autre côté de ce tunnel de lutte interminable.

  • [CDD] 265 mots

    [CDD] 265 mots

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    Le « CDD », c’est le Conseil du Dimanche (qui peut arriver en cours de semaine, voire plusieurs fois par semaine), où je partage mes astuces, outils et anecdotes d’écriture pour vous aider à développer votre pratique singulière et arriver au bout de vos projets littéraires.

    ***

    265 mots.

    C’est l’équivalent d’une demie page A4, dans une police standard, 12. Quelques paragraphes, un fragment de scène.

    Si vous écrivez cette quantité de mots tous les 2 jours, vous finirez avec un petit roman au bout d’un an. À peine moins de 200 pages.

    Quand j’ai découvert ce nombre, ça m’a fait un choc. 265 mots c’est faisable dans presque n’importe quelles circonstances.

    Pourtant nous nous racontons qu’il nous faut du temps pour écrire, que nous avons besoin d’être immergés dans le projet, que sinon nous n’arrivons pas à entrer dedans.

    Alors bien sûr, c’est plus confortable d’avoir du temps (encore que, parfois, ça puisse se retourner contre nous) et c’est agréable de pouvoir voyager dans notre histoire pendant trois ou quatre heures d’affilées.

    Mais tenir quatre heures d’affilée la concentration nécessaire pour rester au plus proche de l’histoire et des personnages, ça demande un bon entraînement mental en amont.

    Et cet entraînement se fait en s’habituant à « entrer en écriture », c’est-à-dire se mettre dans un état de conscience favorable à la transe créative, et à y rester. En sortir et y revenir. Y rester 10 minutes, puis 15, puis 20 sans décrocher.

    Le problème des sessions longues, c’est qu’elles mettent notre acuité à l’épreuve. Écrire une histoire qui se tient, ce n’est pas qu’un exercice d’imagination. Cela demande de faire des allers-retours mentaux entre le passage que l’on imagine et la vision d’ensemble du projet.

    Ces mouvements nous permettent de vérifier que nous sommes bien en train d’organiser l’histoire et les informations d’une façon qui servira l’expérience de lecture plutôt que d’une façon complètement aléatoire qui exigera une réécriture majeure.

    Je ne suis pas en train de parler de structurer en amont, mais simplement de garder à l’esprit, pendant que nous écrivons, l’impression générale de l’ensemble, de notre fil conducteur, et de vérifier si les nouvelles informations qui nous viennent pendant l’écriture contribuent à un ensemble qui nous plaît et qui nous paraît logique et qui nous semble aller dans une direction qui nous convient.

    Cette double présence au texte que nous écrivons et à l’ensemble qu’il contribue à construire n’est pas facile à soutenir sur de longues périodes.

    Observez le moment où l’écriture vous hypnotise tellement que vous en oubliez votre vision d’ensemble.

    Observez, à l’inverse, les moments où vous vous préoccupez tellement du « livre » et de sa cohérence que vous perdez le sentiment d’immersion dans le passage que vous êtes en train d’écrire.

    L’objectifs, pour la majorité de nos sessions d’écriture, c’est de maintenir ensemble et en même temps les deux consciences : l’immersive et la globale.

    Tout texte est d’abord une expérience d’écriture pour vous, et de lecture pour vos lecteurs et lectrices à venir. Donnez-vous des objectifs clairs d’expérience(s) à vivre et faire vivre avant de vous lancer dans les mots. Ils contribuent à préciser votre vision d’ensemble et favorisent votre sentiment d’immersion. Plus d’infos dans ma vidéo ci-dessous (le texte continue après cet encart)

    Ma dernière vidéo : Se fixer des objectifs d’expérience à vivre et faire vivre

    On écrit pour ressentir et faire ressentir des choses. Lesquelles ? En vous fixant des objectifs expérientiels, vous clarifiez votre pratique et ses bénéfices pour vous, et vos lectrices et lecteurs.

    video preview

    Le bénéfice des sessions courtes

    En visant 265 mots par session d’écriture, vous réduisez la friction face au passage à l’acte.

    Il y a moins à produire, donc moins à concevoir en amont, moins à planifier, moins à vous préoccuper de « réussir » votre session.

    Au pire, vous écrivez 265 mots qui tombent à plat. C’est plus facile de les ranger dans la catégorie « j’ai au moins appris où je ne voulais pas aller » que si vous aviez mille ou deux mille mots.

    En 265 mots, vous avez le temps d’explorer un décor et une action, de découvrir une intention de personnage, de rencontrer de nouvelles informations sur votre intrigue si vous créez en écrivant.

    Si vous structurez à l’avance, 265 mots vous permettent de déployer une puce de votre liste d’étapes.

    En travaillant par sessions courtes et régulières, vous normalisez le passage à l’acte d’écriture. Ce n’est plus un fantasme, ou quelque chose que vous ferez « quand vous aurez le temps », ça devient un automatisme. Vous écrivez vos 265 mots chaque jour.

    Parfois, vous n’avez pas de projet et ces 265 mots vous servent d’espace d’expression créative. Ils vous permettent de jouer avec la forme, ou avec des idées, de dessiner des personnages ou des décors, de tester des mini intrigues.

    Et quand vous avez un projet, ils vous permettent d’avancer et de révéler les questions auxquelles votre projet a besoin que vous répondiez.

    Dans Sillages, mon essai d’écriture qui vient de paraître, j’insiste sur la nécessité de penser l’écriture comme une pratique, au sens où le zen est une pratique, c’est-à-dire une activité ou un ensemble d’activités que l’on répète chaque jour et qui est sa propre fin.

    L’écriture cesse d’être un moyen pour atteindre une fin externe (un livre, une publication, un partage, une expression) et devient sa propre raison d’être. La raison pour laquelle j’insiste là-dessus … en fait, il y a plusieurs raisons, mais l’une des raisons, c’est que la pratique de l’écriture me procure un équilibre intérieur, du bien-être, du plaisir, et qu’en même temps le fait de maintenir ma pratique me force à l’engagement, m’oblige à rester conscient de ce qui est important pour moi, de pratiquer en conscience.

    Et rien que ça, c’est suffisant. Et si c’est comme ça pour moi, je n’ai aucune difficulté à penser (et j’observe) que ça soit comme ça pour certain·e·s d’entre vous.

    Alors bien sûr, et je le développe dans le livre, cette pratique est indissociable des objets qu’elle produit, mais le livre est comme le fruit de l’arbre, une composante, mais pas sa raison d’être. L’arbre pousse et vit pour lui-même et il se trouve que dans son cycle de vie, il produit des fleurs et des fruits et des branches et de l’écorce, mais même si on le dépouille de ces choses, il reste lui-même, vivant, un arbre traversé par une force vitale.

    La pratique de l’écriture, dans cette optique, c’est l’arbre. Les livres et les publications en sont les fruits. On peut avoir une pratique hivernale (je file la métaphore) pendant laquelle notre pratique se maintient au minimum, pendant laquelle on n’écrit aucun « livre » et on ne publie pas. Et on peut avoir une écriture printanière, pendant laquelle fleurissent des dizaines de projets, mais ce qui reste, c’est la pratique, qui est une expression de notre force vitale.

    Ces 265 mots tous les deux jours (j’encourage tous les jours, mais je sais que la vie a une fâcheuse tendance à s’en mêler) constituent une pratique.

    Oui, ils peuvent aboutir à un roman par an si vous écrivez sur le même projet à chaque session de 265 mots, mais ce n’est pas leur première finalité.

    Leur première finalité, c’est de vous engager dans votre pratique et d’en récolter tous les bénéfices.

    Essayez. Essayez pendant un an. Expérimentez d’abord avec la possibilité de ces 265 mots. Quand pouvez-vous les écrire ? Est-ce tous les jours à la même heure ? Est-ce de façon fragmentée ? Comment incluez-vous la réécriture et la réflexion sur leur contenu ? Alternez-vous un jour écriture un jour réflexion, ou est-ce plus mélangé ?

    Petit à petit, découvrez les obstacles qui s’élèvent, les résistances que vous rencontrez, les doutes, les négociations de votre mental qui ne veut pas de cette régularité (qu’est-ce qui le gêne ?)

    Au bout d’un an, si vous vous tenez à 265 mots tous les 2 jours, vous aurez écrit 48.362 mots. Je vous mets au défi de n’avoir rien appris sur vous-même, sur ce que l’écriture vous procure et vous apporte, sur ce que vous voulez ou ne voulez pas écrire.

    Vous pourrez alors décider de continuer ou pas.

    Mais rien de tout cela n’arrive par accident, il faut le décider, le mettre dans l’agenda, le décider à nouveau chaque jour, et vérifier et renouveler son engagement, ou décider d’arrêter mais sans le subir.

    Anaël « pas à pas » Verdier

    PS : Mercredi, sur Youtube, ma prochaine vidéo vous donnera d’autres détails sur ce nombre, comment je l’ai découvert, et comment vous pouvez jouer avec.

    PPS : Sillages: indices laissés par une pratique de l’écriture est ma tentative de transcrire à l’écriture certains aspects des pratiques qui, comme le Zen, définissent les chemins de vie comme un engagement dans une ou une série d’action(s) simple(s) et répétée(s). C’est comme ça que j’ai construit, d’abord sans le savoir, puis intentionnellement, mon propre rapport à l’écriture, et je partage dans ce petit livre mes réflexions, presque comme des aphorismes, sur le chemin de vie que peut dessiner l’écriture. Vous pouvez le commander chez votre libraire ou en ligne, en papier ou (bientôt) en ebook.

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    En ce moment

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    Ce que j’écris

    En ce moment, je travaille porte fermée sur des réécriture et des envois de manuscrits.

    Écrire de nouvelles choses me manque, mais c’est une saison pour clôturer des boucles.

    J’ai sorti Sillages, qui parle de pratique de l’écriture et donne des clés pour construire une écriture à l’écoute de vous-même.

    Vous pouvez le commander chez votre libraire préféré.

    🎨

    Ce que je lis

    Une Année à Paris avec Gertrude Stein, de Déborah Levy. Elle y parle de l’écriture et du parcours littéraire de Gertrude Stein, avec le style de son autobiographie en mouvement mêlant scènes de vie et subtiles réflexions personnelles à son sujet.

    Aussi : Devenir Sensible, de Julie-Kazuko Rahir

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    Formation aux scènes

    Maîtrisez la brique de base de vos histoires et simplifiez l’écriture de vos livres.

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    La scène, c’est ce moment que vous avez en tête. Elle se passe dans un lieu et en temps réel et vous permet de raconter une situation au plus proche des personnages, de l’action et de l’émotion.

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    • Un accompagnement au plus proche de votre pratique
    • Développez les routines et habitudes d’écriture adaptées à votre vie, et qui vous permettent de terminer vos projets créatifs
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  • 44. 229

    La pratique comme chemin de vie. Do/Dao, traduis en français par « la voie », en fait une réalité plus complexe. Parler de la pratique s’avère rapidement difficile. Aucun discours ne peut résumer ni rendre compte de l’expérience intérieure qui découle du fait de répéter les mêmes actions, le même focus vers son intériorité, jour après jour, pendant des décennies.

    De l’extérieur, cela ressemble à une série de mouvements, mais l’important est à l’intérieur. C’est dans la conscience et la présence exigées, dans la décision chaque jour renouvelée de son engagement dans la pratique, dans la responsabilité et la fermeté de caractère que cet engagement renforce, dans l’humilité de découvrir qu’on est à la merci d’une mauvaise journée pour perdre le fil, de l’humilité, toujours, nécessaire pour reprendre le fil quand on l’a perdu sans tourner en boucle, sans s’apitoyer, sans se décourager.

    La pratique nous pousse au-delà de l’espoir et du désespoir, dans une temporalité infinie. Il n’y existe que l’instant présent de cette pratique ce jour-là, mais c’est un présent qui sera répété demain, et le jour d’après, pour l’éternité.

    La pratique n’est pas liée à un projet même si des projets peuvent y naître. Il serait faux de dire qu’elle est le projet, ce serait nous détourner du fait qu’elle est sa propre finalité. Pourquoi pratique-t-on ? Pour pratiquer. Parce qu’il n’y a pas de façon plus profonde de vivre. La pratique est le fruit d’une décision. Parfois elle naît d’une rencontre avec un objet d’étude, parfois elle émerge de manière organique de l’individu lui-même, elle peut surgir suite à une expérience difficile ou comme réponse à la question « pourquoi suis-je là ? » ; « à quoi ai-je envie de consacrer mon temps ? »

    La pratique ne trouve sa raison d’être dans les bénéfices qu’on en tire, même si ces bénéfices sont bien là, tangibles et plaisants, et même s’ils ont des répercussions sur le reste de la vie du pratiquant. La pratique est sa propre raison d’être. Pourquoi j’écris ? Pour écrire. Pourquoi je médite ? Pour méditer. Pourquoi je marche ? Pour marcher.

    Chaque jour, la même décision : me mettre en action.