Ce que j’ai appris en regardant mon fils de 5 ans jouer toute la journée

Ce weekend, j’observais mon fils et sa cousine. De la première à la dernière minute de la journée, ils jouaient. Ils passaient d’un jeu à l’autre sans arrêt, d’un jeu calme à un jeu vif, d’un jeu en extérieur à un jeu en intérieur, de jeux en solitaire à des jeux à deux… Ils n’ont pas arrêté. Et tout le monde était bien avec ça, à les encourager, à s’extasier, à célébrer cette force de vie.

C’est là que j’ai eu un choc. La vie, à l’état naturel, avant tout le conditionnement social, scolaire et compagnie, c’est ça. Comment se fait-il, alors, que les adultes aient cessé de vivre dans cette énergie vive ? Et surtout, comment se fait-il que l’on me regarde avec suspicion quand je dis « tout ce que je veux dans ma vie, c’est pouvoir travailler toute la journée, construire l’infrastructure qui permettra à ma vision d’être réalisée, étendre la marque que je laisserai sur l’univers » ?

Cette suspicion, je la vois et je l’entends dans les regards désapprobateurs, dans le discours ambiant sur la recherche d’un équilibre vie « perso » vie « pro », dans l’expression « workaholic », dans la surenchère de divertissements proposés par l’industrie.

J’en suis arrivé à comprendre que, dans un monde où le travail a été déconnecté de la vocation, où la profession a été dévoyée au point que la mission personnelle n’a plus rien à voir avec l’activité exercée par l’individu, c’était en fait l’essence vitale de l’homme qui lui était dérobée. Jamais il ne m’était apparu aussi clairement que la société reposait sur la patiente et méticuleuse destruction de l’élan de vie de l’humain.

Toute notre culture repose sur l’idée que « mûrir », c’est abandonner toute capacité d’émerveillement. Quel mensonge!

Plus j’avance dans les années plus je réalise que la vraie maturité c’est réussir à retrouver cette capacité d’écoute de soi qui est si naturelle chez l’enfant, c’est réussir à se moquer de la bienséance, des carcans en tout genre, c’est obéir à son désir de jouer, à son envie d’être soi. Et plus je réalise cela plus je découvre que la société repose sur des fondations conçues pour supprimer ce désir et cette envie, pour les tourner au ridicule, pour humilier celui qui les choisit.

Ce matin, j’ai vu ce tag « C’est être en mauvaise santé mentale que d’être bien adapté à une société malade »

Aujourd’hui, après trois jours à ne pas pouvoir travailler à mon rythme, à voir mon élan être brisé par les rituels saisonniers, je déprime. Je me sens dépouillé de ma vie, comme si un vampire avait profité de la nuit pour boire mon sang. Je me sens dans le brouillard parce que je n’ai pas entretenu le feu. Les solutions classiques sont l’opposé de ce dont j’ai besoin: « détendez-vous », « changez-vous les idées », « méditez pour calmer le bruit intérieur » blablabla… Et s’il me plaît, moi, le bruit intérieur ? Ce n’est même pas du bruit, c’est de la musique.

Grâce à mon mentor Jason qui m’a présenté Alex Charfen, je sais aujourd’hui qu’il n’y a rien de détraqué en moi, ce qui n’est pas toujours évident quand 99% des gens qui vous entourent pensent, agissent, fonctionnent à l’opposé de vous.

Ce dont j’ai besoin aujourd’hui c’est de produire à l’excès, de me donner l’impression de compenser pour le temps perdu ce weekend, pour les jours envolés. J’ai des outils pour exprimer ce que je ressens et comment je fonctionne. Je crois, sans vouloir catégoriser les gens, qu’il est important pour être heureux, de trouver la « famille » à laquelle on appartient, le groupe de personnes en qui l’on se reconnaît le mieux, de s’entourer de ces gens-là, de s’immerger dans une culture qui nous permet d’être nous, au mieux de nos capacités et de notre potentiel.

J’ai conscience qu’il n’y a qu’un pas entre cette affirmation et les extrémismes et c’est pourquoi j’insiste sur le fait que cette idée repose sur la coexistence pacifique de toutes les familles de pensée. Puisque la vie est un grand mystère, puisque chacun cherche tant bien que mal à trouver sa place, à accorder ses actions à son tempérament, nul ne peut prétendre avoir la réponse absolue. D’ailleurs ça ne m’intéresse pas, d’avoir la réponse absolue. Ce qui m’importe c’est d’aider les membres de ma famille (auteurs-entrepreneurs) à être mieux avec eux-mêmes, d’être plus épanouis, et au bout du compte, de vivre une meilleure vie.

J’ai besoin d’hyper productivité et d’hyper sensualité. Je ne supporte pas d’être passif, d’être spectateur du monde et mon interface principale avec le monde, c’est mon corps, tellement que la surabondance de stimulations est constante et déroutante, alors j’utilise le langage pour mettre à distance et canaliser tout ça.

Je suis hyperactif, drogué au travail, et débordant (d’idées, de projets, d’amour…). C’est moi, c’est ma manière de jouer toute la journée: écrire, communiquer, construire de nouveaux projets.

Quelle est votre famille ?

Anaël Écrit par :