Brut

Plus j’avance, plus je me défais de mes artifices. Ce qui m’intéresse, c’est la nudité des choses. D’un désir, d’une terreur, d’un espoir ou d’un désespoir, d’un·e humain·e. C’est peut-être une réaction à l’artificialisation constante de notre société. Algorithmes, filtres, IA, discours sous surveillance, société sous surveillance, chacun épie son voisin, le juge du haut de son piédestal avant de se regarder soi-même dans le miroir.

Revenir à l’émotion fragile, à la tension vulnérable qu’elle fait naître en soi, la terreur de l’altérité, le besoin d’hypercontrôle exacerbé par la dépossession constante de notre libre arbitre et de nos marges de pouvoir, l’effroi tragique de notre mortalité. Revenir à l’émotion pure qui naît du fait d’être en vie. Le désir brûlant de laisser sa marque. De ne pas exister pour rien. De ne pas disparaître de cette Terre sans y avoir sculpté son empreinte.

Écrire l’émotion vécue dans le corps. Pas dans le but de s’en débarrasser, ni de la « gérer », ni de la « régler » et surtout surtout pas de la contrôler. Une émotion, ça se vit, ça se rencontre, ça se traverse. C’est un espace de vie à habiter, fut-il inconfortable.